Ce que les patients veulent principalement –comme
le déclarait
déjà Ferenczi en 1932 dans le Journal
Clinique ainsi que Bion plus tard dans
Cogitations (1992)– et ce dont ils ont besoin,
c’est d’expérimenter la façon
dont leur analyste vit et perlabore dans les dynamiques
du transfert et du
contretransfert les évènements intrapsychiques
et interpersonnels qui sont
à l’origine de leur souffrance affective
et mentale. Cela se vérifie en
particulier chez les patients schizoïdes qui ont
été profondément négligés
sur le plan émotif dans leur enfance. Dans cet
article l’auteur enquêterai un
aspect crucial de la relation intersubjective analytique
pendant le traitement
et dans les rêves de tels patients, dans le cas
présent une jeune femme
extrêmement silencieuse et inerte. À travers
un examen détaillé du matériel
clinique provenant de différents étapes
de son analyse, j’explorerai la façon
dont la réponse inconsciente émotive de
l’analyste sert à la fois d’instrument
de compréhension et d’élément
clé pour que puisse s’instaurer un climat
facilitant –un “nouveau commencement”,
pour employer une expression de
Balint (1968)– qui peut aider la patiente à
atteindre un niveau de développement
et d’émancipation qu’elle n’a,
jusqu’à présent, jamais expérimenté.
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